Atelier Franck Brossy

Franck Brossy

Né en 1958 à Saint Étienne et issu d’une famille ouvrière, dans ce pays de terres et roches noires, d’usines de métallurgie, j’ai été très tôt sensible à la matière et à ses transformations.

Assez vite, intéressé par les arts plastiques, je me suis formé en autodidacte, avec quelques apports extérieurs, en collaboration, en association.

Puis dans les années 2000, au sein d’un collectif de trois artistes, j’ai orienté mes recherches vers les installations «in situ» souvent dans des lieux abandonnés (sites industriels, fortifications,…).

Mais le défi de la peinture me «taraudait» et je me suis recentré sur elle depuis 15 ans.

Récemment lors du travail sur les vestiges de métaux, m’est revenu le choc que j’avais ressenti à l’âge de dix ans, lorsque étant allé à la rencontre de mon père à la sortie de l’usine, je vis une benne remplie de copeaux de métal.

Ces rebuts de l’activité humaine, leur odeur, leur plasticité m’avaient impressionné; les reflets de lumière, les mille nuances de bleu, mais aussi les formes torsadées, entremêlées, aux bords tranchants, formant une matière sombre et brillante, que l’on cachait dans un recoin, attirante et dangereuse. S’en approcher, les sentir, les toucher, au risque de se couper, de se souiller, de ne pouvoir les démêlés, d’être surpris par leurs soubresauts ?

De ces rebuts, de ces objets oubliés, de ces vestiges,

remontent les effluves d’une mémoire involontaire.

Démarche

Dans le chaos et la ruine de ces objets et marchandises, j’explore la plasticité des formes et des matières.

Veut-on encore voir ces objets oubliés, rejetés, ces rebuts, qui semblent réapparaître une ultime fois, au bord du monde, avant leur disparition dans un entremêlement de formes et de matières ?

Pour moi, ils ont quelque chose de vital, d’organique, une énergie sous-jacente.
Là, se joue un échange incongru du mécanique et du vivant, de l’objet et de l’organe, de l’animal et du végétal, de la conscience et du temps.

Ce travail se situe entre différents genres : « nature morte » ou « paysage », « peinture » ou « dessin », les toiles empruntent à l’un et à l’autre. Par sa rusticité, son rendu rugueux, la technique utilisée (acrylique, spatule, grattoir) est en accord avec le sujet, révélant une sensualité âpre, où la forme suinte de la matière pour emporter l’esprit vers des espaces intérieurs archaïques.

Le chaos et la ruine deviennent publics, ils sont préhensibles en s’offrant à la répulsion ou au plaisir.


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